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Villa Riviere, une demeure historique à visiter dans la ville de Saint-Paul sur l’île de la Réunion.

 



 

Né en 1647 à Juille en Charente, François RIVIERE a 18 ans lorsqu’il embarque à Brest en 1665 sur le Saint-Paul, une frégate de 250 tonneaux et 30 canons, avec 83 autres passagers, pour Madagascar. La destination des colonies offre à cet aventurier robuste la possibilité de s’élever dans l’ordre social, ce que la modeste
condition de sa famille ne lui permettrait pas dans cette France du 17ème siècle.
Il est officiellement surnommé Champagne pour rappeler son origine géographique liée au cognac et à la région de la Petite-Champagne.
Le 10 Juillet 1665 il débarque à Fort-Dauphin, sur la grande île de Madagascar, où il séjourne presque 10 ans. Après le massacre de Fort-Dauphin, le 27 août 1674, au cours duquel la population locale se rebella contre les français, ne laissant que quelques survivants qui avaient réussis à s’échapper, François RIVIERE embarque sur le Blanc-Pigeon pour un long voyage qui le cabotera du Mozambique, en passant par Pondichéry jusqu’à Surate, sur la côte sud-ouest de l’Inde où il reste six mois avant de monter à bord du Saint-Robert qui le débarque à Bourbon au mois de mai 1676. Il fait ce voyage avec la jeune Thérèse HEROS, indo-portugaise rencontrée à Surate et originaire de Daman, âgée de 5 ans.
Il débarque aussi avec le père capucin Bernardin de Quimper, seul prêtre de l’isle qui sera choisi quelques années plus tard par les colons comme gouverneur de Bourbon, en janvier 1680. En 1686 au départ de ce gouverneur, l’isle est alors peuplée de quelques 291 habitants seulement !
A la même époque, André Boureau Deslandes écrivain sur le Vautour fait la découverte de l'île lors d’une escale du 3 juillet 1676 au 27 juillet 1676, il écrit ainsi à propos de Bourbon :
"Le blé y vient fort bien, et tous les habitants pourraient manger du pain s'ils voulaient se donner la peine de le cultiver. Leur négligence vient en partie de ce qu'ils ont de très bon riz et qu'ils n'ont point de moulins pour moudre le blé. J'ai mangé du pain de l'île qui était fort bon. Le raisin y vient très bien. Ils ont cueilli cette année quatre ou cinq barriques de vin, et ils espéraient à la première mousson en cueillir d'avantage. Il est vrai qu'ils disent qu'il ne se conserve pas longtemps, mais apparemment que cela vient de ce que la vigne n'est peut-être pas bien coupée et qu'ils ne savent pas bien faire le vin. Les cannes de sucre y viennent belles, grosses et grandes. Je crois qu'on en tirerait une très grande quantité de sucre si on voulait les travailler, mais il n'y a point de machines ni d'ustensiles propres pour cela. Le tabac vient aussi bien que les cannes de sucre, sans travail, et ne pourrait pas manquer d'être excellent si les habitants voulaient prendre la peine qu'il faut pour cela, car j'y en ai vu de très bon".
Engagé par la Compagnie des Indes, qui est un seigneur féodal, Champagne obtient une large concession du « battant des lames au sommet de la montagne » sur laquelle il développe une activité agricole (élevage, tabac, etc...) qu’il livre exclusivement aux « magasins du Roy », la vocation de Bourbon étant à cette époque exclusivement commerciale. Il possède aussi un terrain proche des « sables » à Saint-Paul, pas très loin de l’emplacement actuel de la Villa RIVIERE.
En 1688, il se marie à Anne-Marie CAZE. Ils ont une fille qui meurt sans descendance.
Veuf, il se remarie en 1689 avec Thérèse HEROS, de vingt-quatre ans sa cadette ; Ils ont ensemble six enfants, tous nés à Saint-Paul, Michel en 1690, Anne en 1691, Radegonde en 1694, Henry en 1696, François RIVIERE II en 1699 et Catherine en 1701.
En 1690 il participe à l’arrestation et à la destitution du gouverneur autoritaire VAUBOULON.
Il meurt à Saint-Paul le 14 janvier 1702 à 54 ans. A l’exception de Michel qui partit en France et dont le petit-fils, Alexis RIVIERE vient s’établir à Bourbon sur la terre de ses grand-père et arrière-grand-père en 1788, tous ses autres enfants sont restés sur l’Isle Bourbon.
François RIVIERE dit Champagne et Thérèse HEROS figurent ainsi au nombre des premiers réunionnais.

Sources : Villa RIVIERE, Cercle Généalogique de Bourbon ; www.mi-aime-a-ou.com

Crédit photo : Villa RIVIERE